Nous sommes, dit-on, la génération SIDA. Nous sommes la première génération à vivre avec ce fléau depuis notre naissance. Cela nous rend responsables. Cela nous conduit, aujourd’hui, à nous engager et à vous écrire.

40 millions d’hommes, de femmes et d’enfants vivent avec le virus VIH/SIDA. En 2003, 3 millions d’hommes, de femmes et d’enfants en sont morts.

Or, des traitements existent, efficaces, pour retarder voire bloquer l’évolution de la maladie. Selon l’OMS, 15 milliards de dollars suffiraient pour enrayer durablement le développement de l’épidémie.

C’est dans ce but que les Nations Unies ont crée un Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Il devait permettre de récolter de 7 à 10 milliards de dollars par an pour financer l’accès aux traitements antiviraux pour les populations du Sud.

Or, ces fonds n’arrivent pas. Cet argent, vous ne le versez pas malgré vos discours généreux, vos phrases fortes et vos engagements magnanimes. Les morts se multiplient toujours, faute de soins, faute de moyens, faute de paroles tenues.

Plus que jamais, une promesse est une dette. A chaque atermoiement, à chaque million de dollars que vous supprimez d’un trait de plume des budgets de vos Etats, ce sont encore des enfants, des femmes et des hommes qui meurent.

Vos économies ont l’efficacité d’une balle : 98% des personnes infectées n’ont toujours pas accès aux traitements antiviraux parce qu’elles n’ont pas la chance de vivre en Europe ou aux Etats-Unis.

Nous, jeunes de tous les pays, vous demandons d’agir maintenant.

Nous exigeons des Etats du Nord qu’ils tiennent leurs promesses sans attendre.

Génération SIDA ? Chiche ! Vos promesses nous engagent. Tenez-les.