workingMon dernier client je me le suis tapé après l'écluse des débits de boissons, en pleinne après-midi. Certains réussissent à m'extorquer mon numéro de portable à m'user comme bon leur est égal. Finalement il n’avait pas un radis. Quelques billets froissés au fond du pantalon, juste de quoi ne pas avoir froid et faim dans ce jour qui commence. J'essaye de ne pas toucher au tas sous le cousin et d em constituer une péargne au cas où l'urgence prendrait ma vie end éfaut.

L'alcool est encore dans mes veines. Une tasse de café d’abord et son arôme, j’arrête de trembler, une banitza enfin, la plus grosse part trouvable dans le centre de la ville. J'ère en attente de la nuit. Mon ventre, même s’il ne me le réclame pas toujours, j’essaye de le satisfaire au mieux. Ma mère m’a appris à ne pas sauter un repas, de prendre soin de mes dents, de mon corps en général. C’est elle qui m’éduquait, elle qui n’a jamais pu m’éduquer aux yeux de l’institutrice, du directeur d’école. Ils pouffaient entre eux quand ma mère repartait après avoir répondu à une énième convocation concernant ma discipline. Moi je me retournais et je voyais leur face qui se tordait, ma mère dos à eux baissait la tête. Dans les yeux j’avais envie de lui crier « réagis, c’est de nous qu’ils se foutent ». Mais rien ne sortait à temps alors j’éclater par intermittence. Soit à la maison, je jouais les enfants gâter et réclamer le tout d’une mère qui ne pouvait pas grand-chose, vu sa dépendance à l’alcool et le peu de monnaie sur le compte familiale. De si loin que je me rappelle, je ne sais d’où, ni de qui me vient cette infinie impudence de me gonfler et d’exiger. Quant mes sauts d’humeurs s’estompaient à la maison, l’école devenait le lieu de mes exactions. Pour peu le téméraire Filip se transformer en poule mouillée, très loin du gallinacée, mais proche de l’humidité, c’est une certitude. L’école était en effet une frustration terrible, derrière ma bouche se dessinaient des mots horribles impossibles à sortir devant mes tortionnaires qu’étaient l’institutrice, et son amant, le directeur. Il suait comme bête immonde, elle poussait de petits cris stridents à chaque saillis verbeuse de son supérieur, cette association d’idées m’entrainait dans la certitude de leurs ébats amoureux. Imaginez un peu, et vous comprendrez. Alors pour rempart, je trouvais, un peu lâchement, ma pisse.

Droit comme un « i » sur mon siège d’écolier, les jambes serrées, la chaleur corporelle était à son comble quand venait le rendu des contrôles où je sentais gronder l’humiliation suprême. Alors je repensais à maman, à sa tête baissée, aux deux idiots de la république socialiste, aux ricanements devant la soulographie visible de ma chair, et au bout de quelques secondes le liquide jaunâtre et mal odorant s’en vient d’abord me soulager dans sa chaleur bien généreuse puis s’épand, se rend visible et enfin s’égoutte au bas de mon siège. « Poule mouillée, poule mouillée », les autres riaient, riaient, encore et plus. Moi ce n’était que ma seule défense, et l’on m’insulté.

J’en rêvais la nuit. Moi avec un bec de poule, une crête, de poulet pas bien viril sur la tête et les gens autour dansant une farandole. Il est des soirs cauchemars impossible d’oublier et aujourd’hui je ne dors plus.  L’école fut une étape poussive.