01-xy-to-ben-cohen-54-bigVous connaissez Ben Cohen ? 

De la générosité à l'état pur en apparence cet homme. Sportif émérite, champion du monde de Rugby avec l'Angleterre, puncheur au physique dévastateur. Détonnant au sein de la ligne d'arrières habitués à l'agilité plutôt qu'à la force brute. Bref atypique et couronné de succès, Ben a tout pour réussir. Pourtant rien ne fût simple,  il révèla par la suite sa particularité, comme un aveu, un coming-out : je suis demi-sourd (33% de surdité à chaque oreille).

Pour exister après une riche carrière sportive, l'ex-rugbyman crée un association de lutte contre l'homophobie en tout genre. Dans le monde machiste du sport collectif, parler "pédé" reste un exploit...explicable. 

Renfermé sur lui-même, son propre monde lui est offert au détriment de l'intéractivité du groupe, de la communauté. Le sourd est avant tout un petit homme perdu au milieu de cette masse de gens. Maor est un de ceux là. Intimidé, mais pas effarouché. Son style est celui de la discrétion et de la futilité assumée. L'argent, la facilité de vie, la tordre par tous les bouts de l'exubérance : alcool, sexe, drogue, bonne bouffe et passer son temps devant les derniers films à la mode. C'est un homme du monde, bien de son temps. Comme Rome perdît son âme, nous sommes une fin de civilisation. Qu'importe Claude Guéant, ministre de la classification des civilisations, mêmes si elles ne se valent guère, plus nous tendons vers une transparence des sentiments, plus nous nous perdons.

Tellement avide du vide que nous nous sommes retrouver un Vendredi soir à Dancer dans un Sex-club avec un acteur connu bourré et pour le moins circonspect devant l'ambiance glaude du bordel. Dance with Gandalf !

gandalf

Nous perdons pieds petit à petit, et je ne suis pas loin de ressembler à tous, j'ai démissionné de la pensée pour laisser juste le plaisir rapide me raviner. Je suis différent de ce garçon pourtant il est là, tel un rebelle pour moi. Juste mirrage avec l'emotion qui m'envahit ? Bien entendu. Mais cette différence est une chance pour sonder notre faculté à affronter l'humanité et à l'incorporer un peu plus. Je me sens fébrile tant face à Maor que face au monde. Conquérir l'un, avec une altérité jusqu'alors jamais abordée en amour, c'est se réconcilier avec l'autre. J'aime l'homme en théorie, en réalité je le fuis.

Je le dompterai ? Ou alors il restera froid et égoïste comme il a toujours été ? C'est ainsi qu'il se définit comme un gens foutre ! Au final Ben Cohen aurait fait don de charité pour exister sous les projecteurs ? Va t-il m'aimer pour la forme, ne pas vivre seul comme dirait Dalida ? On est des ustensibles, des moyens pas la finalité des autres individus. Tout est question d'humanité et de compromis. 

Yoss me fait confiance et reste ma bouée de survie, bien plus que cela et comme il le dit : il me tient la main quoiqu'il arrive. Merci !