Extrait du journal (2) de Filip Trojovsky...Porno Tsar
<La traduction est assurée par votre serviteur>
Chaque jour je me fais un sac de boxe, je le tabasse pour ne
pas prendre la grosse tête disent tous ceux de la salle de sport. D’ailleurs
ils sourient, je ne sais pas pourquoi, je me sens transparent. Alors en tête à
tête avec ces sacs je me bats pour oublier tout autour de moi, les moqueries
que j’imagine, la perversité de tous les gens en général. Je cherche toujours à
démasquer la part de vice en chacun, la part qui me voudrait du mal, et aujourd’hui
je deviens parano, d’un coup, en même temps que je les dispense sur le cuir, l’envie
est décuplé, je frappe, je frappe. Je ne suis qu'une baltringe, boxer c’est comme
danser, une passion comme une autre, je voudrais faire danseur. Mais qu’est ce
qu’ils vont penser ? C’est la fierté des couilles à Papa qu’il faut
honorer, frappe, frappe…Ne pense plus, toi c'est de la souffrance.
A travers mes actes héroïques, ma carrière d'acteur à chair fraîche, roi de la partouze et des positions du kama -sutra revisitées, je me suis forgé une aura, le désir créé appelle toujours à en faire plus pour épater les admirateurs. Je les saoulerai jusqu’au bout de moi-même, jusqu’à la nausée, me rêver. Je me déhanche pour des photos à l’éclairage luxueux, chaque partie de mon corps à une part à révéler à l’obturateur. Je suis une transparence. Je joue les copins de tous ces garçons, souvent pas beaux, venus obtenir un semblant de signature de la part de leur « héros » favoris à la dernière librairie gays branchée de San Francisco. Sur des tee-shirts, des bouquins, des photos dont je ne me rappelle même pas leur existence, sur des corps, je gribouille, ils sont contents, ils sont sympas. Je les aime bien à vrai dire, mais dans ces circonstances je ne suis plus que quelques grammes d’âme dans ce corps si puissant.
Je suis en manque.
